Situé au cœur de l’Europe, Vienne a subit de nombreuses influences culturelles, politiques et ethniques au cours de sa longue histoire et elle est ainsi devenue une des métropoles les plus
riches et les plus complexes d’Europe. Ses nombreux atouts attirent d’ailleurs des visiteurs du monde entier. Le viennois typique est à l’image de sa ville : complexe mais attrayant.
Volontiers grognon et critique, il incarne pourtant la gentillesse même et on son sens de l’hospitalité n’est que rarement remis en doute.
Tout commence avec une voie commerciale entre le Nord et le Sud et un camp romain baptisé Castrum Vindobona qui acquière en l’an 213 de notre ère le statut de cité romaine. Lorsque
Charlemagne annexe le territoire après les guerres Avares (791-796) et qu’il fonde les Marches de l’Est, la cité porte toujours ce nom antique. Il faut attendre l’an 881 pour entendre parler,
pour la première fois de Wenia et 996 pour voir apparaître le nom d’Ostarriche (Royaume de l’Est).
C’est sous le règne de Henry II que la ville va connaître son premier réel essor. La Marche de l’Est voit en effet son statut modifié pour devenir, en 1156, un duché héréditaire dont la ville
deviendra le nouveau siège gouvernemental. S’ensuivent alors un élargissement de la ville et la construction de nouveaux remparts, la Ringmauer. Et en 1221, la place forte obtient le
statut de cité médiévale.
C’est suite à la défaite du roi de la Bohème, Ottokar II, lors de la bataille de Marchfeld en 1276, que l’histoire de Vienne et de l’Autriche va se lier étroitement à celle de la Maison de
Habsbourg. Les deux siècles suivants seront marqués par la fondation de l’université en 1365 et une période particulièrement glorieuse dès 1439. On notera que durant cette période, la ville
subira avec bonheur l’influence importante de la part des empereurs romains germaniques, tant dans le domaine économique que culturel.
Entre 1485 et 1490, le roi hongrois Mathias Corvinus occupe brièvement Vienne. Mais après la paix de Presbourg, c’est à nouveau à un empereur issu de la maison de Habsbourg qu’échoit le trône.
L’empereur Maximilien II fera à l’acquisition de Schönbrunn à cette époque là. Le siècle suivant sera nettement moins paisible que ceux qui l’ont précédés. Car, outre des soulèvements de
paysans, des guerres de religions et de la Contre Réforme, Vienne se voit également obligé de repousser deux sièges turcs.
Au 17e siècle, la ville et, par voie de conséquence le pays, renoue avec le progrès. Différents ordres religieux viennent fonder des couvents dans la capitale puis, imprégnée par les
fastes baroques et stimulés par le règne de l’Impératrice Marie-Thérèse puis de son fils Joseph II, la ville connaît une prospérité extraordinaire. C’est l’ère des grands musiciens, des poètes
et des architectes. La ville connaît une courte éclipse durant les occupations napoléoniennes (1805 et 1809), mais avec le Congrès de Vienne, la ville retrouve rapidement sa réputation de
capitale européenne de la musique.
Cependant, les disparités entre les différentes couches de la population s’accentuent à l’époque de Biedermeier, ce qui conduit finalement à la révolution. L’empereur François Ferdinand I doit
abdiquer en faveur de François Joseph I, âgé seulement de 18 ans. Durant son règne, qui durera 68 ans, il fera construire le Boulevard Circulaire (1870) et la deuxième conduite d’eau (1910).
Et, même si c’est au cours de son règne que la culture austro-hongroise atteint son apogée, c’est également durant cette époque que l’unité de cet état multiethnique commence à être ébranlée
par les soubresauts du nationalisme et du séparatisme. Ces troubles déboucheront sur la Première Guerre Mondiale (1914-1918). François Joseph ne verra pas la fin de ce
conflit puisqu’il meure en 1916, mais il n’assistera pas non plus au naufrage de la monarchie puisque c’est son successeur, l’Empereur Charles I, qui se voit contraint de renoncer au trône en
1918.
Commence alors une nouvelle ère pour le pays qui devient une république fédérale, ainsi que pour Vienne qui devient acquiert le statut de région autonome en 1922. La traversée du désert, n’est
toutefois pas achevée. En 1936, l’Autriche renonce à sa politique étrangère et devient un état allemand. Le nazisme s’infiltre de plus en plus profondément dans la haute
administration Autrichienne et en 1938 Adolf Hitler réalise « l’Anschluss », c'est-à-dire que l’Autriche devient, en avril de cette année, l’Autriche est intégrée au Reich, et elle
est structurée selon le programme nazi.
Dès 1939, la Seconde Guerre Mondiale vient frapper le pays avec rudesse. Le conflit a des conséquences particulièrement désastreuses pour la capitale fédérale qui subit de lourdes pertes suite
aux très nombreux bombardements ennemis. A la fin de la guerre, L’Autriche est divisée en quatre zones, comme l’Allemagne et Vienne en quatre secteurs, comme Berlin. Cependant, l’Autriche étant
considérée comme la première victime de la guerre, les Alliés lui laissent un gouvernement.
Le traité de paix est signé en 1955. C’est à cette date que les puissances occupantes (Union Soviétique, USA, France et Grande Bretagne) quittent le pays. Il faut toutefois noter que l’une des
conditions au traité de paix était que l’Autriche accepte le statut de pays neutre. L’Autriche rejoint l’ONU en décembre de la même année.
De nos jours, après les différents conflits, éclatements et réorganisations de frontières que le pays à pu connaître au fil de son histoire, il reste bien peu de l’immense empire. Cependant,
Vienne reste aux yeux du monde la capitale de la musique européenne, et l’Autriche connaît également, du fait de son statut de pays neutre, une position privilégiée dans les relations
internationales. Vienne est d’ailleurs, depuis 1979, le troisième siège de l’ONU, juste derrière New York et Genève.